Les annonces "On Demand" se multiplient chez les deux grands constructeurs qui sont en train de devenir des acteurs majeurs du service : HP et – surtout – IBM.
Le principe de base, la flexibilité, est extrêmement séduisant. "Ne payez que ce que vous consommez". Nous pouvons témoigner que les DG et directions financières sont très réceptives à ces concepts.
Qu’en pensons-nous ?
En gros que le On Demand détourne des vrais problèmes. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Le OD accrédite l’idée qu’on peut faire la même chose pour moins cher, alors que les vrais enjeux sont de faire moins, pour beaucoup moins cher.
Plus précisément, voici les risques que nous craignons.
1. En OD, les gains sont minimes. Ils ne portent que sur les mises à dispositions de moyens. Quelle est la part des moyens dans le coût complet d’une application sur 7 ans ? De l’ordre de 15 %. Les autres coûts sont les coûts de personnel, pour 50 % (en Études, Intégration, Support, Exploitation), puis les coûts de logiciels achetés, réseaux, hébergement. Quelle est l’espérance de gain en OD : 15 % ? Au total (15 % de 15 %), l’OD participera à baisser de 2 % les coûts complets d’une application.
2. Plus grave, l’OD est par essence "pousse au crime". Il vous donne à tout moment la possibilité d’augmenter la puissance consommée. Les moyens vous sont livrés d’avance, il suffit d’un mail pour vous débloquer le 4e processeur qui était déjà installé et qui ne demande qu’à servir. Pensez-vous que quelqu’un saura résister plus d’une journée à cette facilité s’il y a le moindre à-coup de charge ? Le OD, c’est la fin annoncée des capacity plannings et équilibrages de charge.
Certes, nous sommes méchants. Reformulons de façon plus positive: "Au total, le OD fluidifie le fonctionnement, tout en apportant un avantage financier dérisoire".
D’ailleurs les acteurs eux-mêmes doivent comprendre cela, puisque l’un d’eux nous a déclaré : "Ah, si vous voulez gagner vraiment, alors il faut faire de l’infogérance".
Là, on est bien d’accord.
Le OD est un point d’entrée vers de nouvelles formes d’achat de services. C’est le premier niveau de l’externalisation.
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